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Siem ReapJe suis arrivée à bon port, ou plutôt à bon aéroport, à Siem Reap le 1er avril 2005. Les formalités de visa et d’entrée dans le pays se passent très bien et très rapidement. Les douaniers ont des tenues super belles avec des képis somptueux, ils rigolent, assez surprenant pour des douaniers et prennent les gens en photo à l’arrivée grâce a une webcam ! Je fais changer 300 dollars US à l’aéroport en travellers chèques et nous laissons passer le flot de gentils cambodgiens qui travaillent pour des guesthouses ou des hotels afin d’aller chercher les clients potentiels à l’aéroport. Nous attendons quelques minutes et Mono, un propriétaire de guesthouse, nous propose de nous y emmener gratuitement si on choisit de rester chez lui. C’est ce que l’on fait car il nous propose une chambre à deux lits avec WC et douches cleans + ventilo pour 6 dollars la nuit. Nous avons le reste de la journée pour visiter la ville et nous mettre à la recherche du meilleur plan pour visiter les ruines du site d’Angkor pour les 3 prochains jours. Finalement, après quelques courses, Internet et la visite du marché, nous prenons contact avec un Tuk Tuk qui nous propose de nous transporter vers et à l’interieur du site pour les 3 jours pour 35 dollars, négociés à 30. Nous buvons un thé et concluons l’affaire. Nous sommes déjà choquées par le nombre de mendiants, notamment des enfants qui eux-mêmes portent des nourrissons ou des bébés, à la recherche d’argent ou de nourriture. Je craque dans un supermarché et achète des croissants et des jus de fruits pour 2 d’entre eux. Beaucoup de victimes du génocide des khmers rouges aussi, à qui il manque une jambe ou même les deux. J’ai vu un homme tronc… Un mec sans jambes ni bras, ou du moins raccourcis. Ca fout un choc, on ne peut pas ne pas les voir. C’est impossible. Je décide d’acheter un livre chez l’un d’entre eux (les deux mains coupées). Je lui achète « D’abord, ils ont tué mon pere » de Luong Hou. J’espère que j’aurai le temps de lire ce livre, me dis-je, en l’achetant 4 dollars à ce jeune homme… Un bref orage s’abat sur la ville. On rentre tôt car le lendemain, on attaque à 5h30 pour le lever du soleil sur Angkor Wat… AngkorLe tuk tuk est bien là à l’heure, 5h30 pétantes… Les yeux à moitié clos, je monte dans sa remorque, les cheveux au vent…bien endormie. On passe le péage ou l’on doit acheter son pass pour 3 jours : 40 dollars US. Ca fait mal mais on va l’amortir en commençant aujourd'hui avec la visite du « petit circuit ». qui est long de 17 km environ et qui parcoure les Must a voir ici. On attaque d’entrée avec le plus majestueux des temples : Angkor Wat, repris sur toutes les cartes postales. Le plus grand, le mieux conservé et, indéniablement, le plus saisissant des monuments d’Angkor est généralement consideré comme le plus vaste édifice religieux du monde. Il fut probablement construit comme temple funéraire dédié à Suryavarman II (112-1152) en l’honneur de Vishnu, divinité hindoue à laquelle le souverain s’identifiait. Le lever du soleil n’est pas terrible, il y a quelques nuages qui empêchent aux belles couleurs de percer. Mais l’impression est saisissante, immense, on est submergé. On le visite brièvement, sans en connaître l’histoire pendant 1 heure et demi environ. Ensuite, nous nous rendons au Bayon, à l’intérieur de Angkor Thom. La structure forme un ensemble de couloirs voutés, de cages d’escalier escarpées et compte surtout 54 tours gothiques, décorées de 216 visages monumentaux d’Avalokiteshvara au sourire glacial. Bien des mystères n’ont pas été élucidés : la fonction exacte et le symbolisme du monument restent encore incertains. Ce halo de mystère convient parfaitement au visage au sourire énigmatique qui caractérise le Bayon. C’est grandiose, et même si sa taille est bien plus réduite que celle d’Angkor Wat, on y a passé au moins 2 heures. Nous avons longuement discuté avec des moines du monastère. Il n’y en avait qu’un seul sur les trois qui parlait bien anglais. Il avait 22 ans. Il est orphelin et s’est refugié chez les moines alors que ses parents avaient été tués. C’est très triste et ce n’est pas fini, on en a rencontré beaucoup d’autres gens aux histoires similaires… Il nous a questionné sur l’Europe, la vie et ses difficultés car il songeait a quitter la vie de moines pour une vie plus « classique » mais c’est une décision très difficile à prendre nous disait-il, surtout après toutes ces années passées sous un habit orange. Nous quittons le Bayon pour voir la terrasse des Elephants puis Ta Keo et surtout Ta Phrom, superbe temple qui fut laissé tel quel depuis sa découverte : la jungle pousse dans les pierres et les portes, les racines des arbres se développent et on se demande si certaines soutiennent ou détruisent les temples… C’est d’une rare beauté. Il fait de plus en plus chaud, les 40 degrés approchent. On va ensuite manger et boire. La suite de la journée est consacrée à la visite de temples du même style et de moindre importance. Je ne vais pas m’attarder sur l’histoire de ces temples, tout d’abord car je n’ai jamais été une lumière en histoire et ensuite parce qu’elle est compliquée et que même certains historiens ne sont pas sûrs de leurs affirmations quant à l’époque ou au passé de quelques temples. D’une beauté inégalée dans le reste de l’Asie du sud-est – même si le site de Bagan au Myanmar constitue un solide concurrent -, Angkor figure parmi les merveilles architecturales de la Terre. Ils ont tous été construits entre le 802 et 1432, à une époque ou la créativité des Khmers atteignait son apogée. Ce pan d’histoire, qui couvre plus de 600 ans, est marqué par des périodes de déclin, de renaissance, et par des guerres contre les puissances rivales, le Vietnam, la Thaïlande et le Myanmar. Ils furent détruits en grande partie par l’armée de Pol Pot entre 1975 et 1980 durant la guerre qui sévit au Cambodge. Depuis les élections mandatées par les Nations Unies en 1992-1993, beaucoup d’ONG participent à la reconstruction et à l’entretien du site d’Angkor. Nous achevons la journée par un retour à Angkor Wat ou nous admirons les galeries de fresques conquérantes ainsi que la magnifique vue depuis le lac, qui offre le reflet du temple au crépuscule. Ce magnifique pestacle nous fait oublier la chaleur qui y règne. Le deuxième jour, c’est au tour du grand circuit, long de 26 km qui est en fait une extension du précédent. Il nous mène à Preah Khan et Preah Neak Pean, le Ta Som et le Mebon oriental jusqu’au Pre Rup pour finir à Angkor Wat. On évite d’en faire de trop pour ne pas avoir une indigestion de vieilles pierres. On ne veut pas en avoir marre. Le troisième jour, on ne visitera que deux temples plus éloignés, dont l’un, le Banteay Srei, à 28 km d’Angkor Wat. Le Banteay Srei est considéré par beaucoup comme le plus beau joyau de l’art angkorien. Ce temple hindou dédié à Shiva a été taillé dans une pierre rosée et abrite des sculptures d’une exceptionnelle finesse. L’ensemble de taille assez modeste est remarquablement bien conservé. Son nom signifie la « citadelle des femmes », et l’on raconte qu’il a du être construit par une femme, les sculptures si raffinées n’ayant pu naître de la main de l’homme (et toc !!). Magnifique. Ca valait bien les 1h30 de tuk tuk aller/retour. Nous finissons vers 14 heures et il est l’heure de se séparer de notre tuk tuk. Nous sortons les 30 dollars conclus et il nous demande 40 dollars. Tiens tiens, comme c’est bizarre! Il nous dit que c’est un peu plus cher car nous avons voulu visiter les temples les plus éloignés et que ça coûte de l’essence etc etc... On avait bien précisé quels étaient les temples que nous voulions voir. Aucune raison pour que le prix augmente subitement. Nous refusons de payer plus et nous partons, fâchées avec ce tuk tuk. Petit rappel : le Cambodge est un pays pauvre ou 80% des habitants vivent à la campagne et gagnent 30 dollars par mois au maximum. Les fonctionnaires sont mal payes et, de ce fait, ne se tuent pas à la tache et ne font pas du bon travail. Résultat : les profs, instits, médecins, avocats gagnent un salaire de misère (30 dollars maxi par mois). Mieux vaut donc aller dans le privé, et payer très cher, pour être éduqué et soigné. Nous avons donné 30 dollars à ce tuk tuk qui protestait. Il n’a jamais quitté Siem Reap, mais c’est un très bon prix. Il ne faut pas exagérer non plus. Les personnes qui travaillent dans le tourisme, transport, moto, guides ou autres gagnent bien leur vie. Christele a pris un guide pour le deuxième jour qui demandait 20 dollars pour la journée (le tuk tuk n’a pas manqué de nous le préciser !!!) mais il a étudié pour cela et a une licence officielle. Il gagne 800 dollars par mois et peut se permettre d’acheter des terrains autour de Siem Reap, et faire de la spéculation immobilière ! Si si véridique. Le lendemain, nous nous reposons à Siem Reap. Je passe ma journée a lire ce livre « D’abord, ils ont tué mon père ». L’histoire d’une fillette issue d’une famille aisée qui subit le génocide des Khmers rouges. C’est une journée ou j’ai le moral à Z tellement ce bouquin est atroce. Mais j’y reviendrai lorsque je vous parlerai de Phnom Penh. Phnom PenhLe 6 avril, je prends le bus du matin pour Phnom Penh, la capitale du pays. Je vais a la Ghest House prévue (Christèle me rejoint que le soir) et je fonce en mobylette (avec chauffeur !) au marche russe. Alors : rouler en mob à Phnom Penh, tout un art !!! Si tant est qu’il existe un code de la route au Cambodge, personne ne semble s’en soucier. La meilleure attitude est de ne rien considerer comme acquis et de partir du principe que les autres conducteurs ne respectent rien. C’est la meilleur façon. Ici, peu de carrefours comptent des feux de signalisation : lorsque l’on veut tourner a gauche, le « jeu » consiste a rouler le plus à gauche possible, en frôlant les véhicules qui arrivent en sens inverse, jusqu’a ce qu’un espace se libère et permettent de tourner et de se mettre dans le bon sens....Affolant pour les non initiés comme moi. Au début c’est l’angoisse et après, il suffit de ne pas regarder devant soi puisqu’on ne conduit pas et mater le paysage. Je prends les services d’une motorbike le lendemain, à notre hôtel, et mon chauffeur m’emmène ou je veux pour la journée (5 US$). Je me rends d’abord à Fedex pour envoyer un colis, puis aux charniers de Choeung Ek. De 1975 a 1979, environ 17000 hommes, femmes enfants et bébés, détenus et torturés au S-21 (voir plus loin), furent transportés vers le camp d’extermination de Choeung Ek ou ils furent matraqués à mort pour éviter de gaspiller de précieuses munitions. Un petit exemple bien affreux : pour tuer les nourrissons, les Khmers rouges les lançaient en l’air et les baillonaient direct, c’est simple, rapide et efficace. ... Ce camp n’est pas un lieu à appréhender comme d’autres monuments dans les villes. Mais si on veut comprendre un peu mieux les atrocités commises il y a seulement 25 ans, il faut y aller. Les restes de 9000 personnes, dont un bon nombre ligotées et les yeux bandés, furent exhumés en 1980 des fosses communes creusées dans cet ancien verger. 43 des 129 charniers sont restés intacts. Des fragments d’os humains et des dents et des lambeaux de vêtements sortent du sol autour des fosses. Plus de 8000 crânes, classés en fonction du sexe et de l’âge, sont déposés derrière les parois de verre du stupa du Souvenir, érigé en 1988. L’horreur. Ca fait froid dans le dos. Je me rends ensuite au Vat Phnom, un lieu de prière qui a donné son nom à la ville. L’après midi, la journée des horreurs continue avec la visite du musée S-21. En 1975, le lycée Tuol Svay Prey fut transformé en prison par les forces de sécurité de Pol Pot et devint la prison de haute sécurité 21 (S-21). Ce fut bientôt le plus grand centre de détention et de torture du pays. Les détenus qui mouraient sous la torture étaient enterrés dans des fosses communes, dans l’enceinte de la prison. Le S21 témoigne des atrocités commises par les Khmers rouges. Ils y tenaient des registres méticuleux de leurs exactions. Chaque prisonnier qui entrait ici était photographié, parfois avant et après la torture. Les murs de plusieurs salles sont entièrement couverts de photos d’hommes, de femmes et d’enfants, quasiment tous exécutés par la suite. Lorsque l’armée vietnamienne libéra Phnom Penh en 1979, elle ne retrouva que 7 prisonniers en vie ici. Les photos des découvertes des prisonniers torturés sont insupportables. Cette visite est profondément bouleversante, lorsqu’on voit la taille des cellules (moins de 2 m2) et les taches de sang qui sont encore par terre ainsi que les instruments de torture... Une journée hard ! On ne peut pas rester insensible à tout ce qui s’est passé au Cambodge il y a si peu de temps. Tous les cambodgiens que nous rencontrons qui ont 30 ans ou plus ont des souvenirs de cette période noire de leur vie. Ils ne peuvent pas oublier ces horreurs, même si ils n’avaient que 5 ou 6 ans à l’époque. Je visite encore le jour suivant la Pagode d’argent à Phnom Penh, le marché central, le Vat ounalom, le Musée national. Mais tout le monde commence a se préparer pour fêter le Nouvel An Khmer qui aura lieu du 13 au 16 avril prochain. Même les moines n’ont pas trop le temps de discuter avec moi ! Je rentre tôt à l’hôtel. Je prépare mon sac pour le lendemain, on part à Sihanoukville, au sud-ouest, au bord de la Mer !!! SihanoukvilleUne station balnéaire tranquille même à l’approche du Nouvel An. Nous disposons d’une semaine... Je n’y fait rien à part relater notre séjour au Cambodge sur Internet et MS Word, bronzer, me baigner et discuter avec toutes les dames qui passent sur la plage pour nous proposer manucures, pédicures, gambas grillées, nems frits ou crus etc etc. La technique d’épilation est unique : avec un élastique géant. Je vais tester en fin de semaine !!! Incroyable. Je prendrai des photos. Je nage pas mal dans l’eau très très chaude. Depuis la Thaïlande, nous n’avions pas vu la mer. Et encore à l’époque j’avais mon pied en vrac donc la baignade était courte. J’en profite bien maintenant. Demain j’ai réservé une excursion en bateau qui va me mener à travers 3 îles avoisinantes, avec petit dej et lunch (poisson grillé) inclus et les boissons plus l’équipement de snorkelling et le guide. Le tout pour 10 dollars ! Nous avons laissé nos gros sacs à notre hôtel à Phnom Penh puisque nous allons y retourner de toutes façons. Ils nous gardent une chambre en même temps pour la dernière nuit avant que nous prenions le bus pour Ho Chi Minh ville, au Viet Nam le 16 avril. BilanLe Cambodge est un pays très chouette. Le plus émouvant depuis le début du voyage. La guerre civile qui a eu lieu ici était épouvantable. Et même si tout le monde parle du 60e anniversaire de la fin de la 2e guerre mondiale en ce moment (je regarde TV5 de temps en temps), moi je n’arrête pas de penser aux massacres et aux tortures, sûrement plus cruelles que les camps d’Hitler et dont personne ne parle en France. Idem pour le Rwanda ou 2 millions de morts sont a déplorer. Le Cambodge a pratiquement perdu la moitié de sa population totale en 4 ans de guerre. 2 millions de morts, sans compter le million qui est mort de faim ou de maladies dues a la malnutrition. Ah les medias !!! Je ne les aime décidément pas plus que depuis mon depart ! Au contraire ! Les gens sont très accueillants, très souriants et le pays me semble très sûr. Je n’ai jamais eu d’ennuis ici. Aucuns signes d’énervements, d’agacements. Ils font beaucoup d’efforts pour l’anglais et le français. Très pacifistes, on se sent bien ici. 15 jours c’est trop court. Mais maintenant il faut bien calculer son coup. Car je dois encore (trop dur pour moi J ) visiter le Vietnam que je quitterai le 1er mai prochain. Il faut se mettre des limites, même quand on voyage longtemps. Car même en plusieurs mois, on n’a pas le temps de tout voir. Cela fait donc 3 mois et demi que je suis partie. Et ça passe très très vite. Je m’en rends compte. Gilles me rejoint dans moins d’un mois maintenant ! Le moral est très bon, parfois nostalgique. J’attends mon homme, l’Australie, la Nouvelle Zélande et par ailleurs, le Vietnam avec ma copine Marie !
A bientôt !
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